Comprendre le taux de montée et le taux de descente en Aviation
Quand on pense au vol, on imagine surtout l’avion se déplaçant horizontalement à grande vitesse.
Mais une grande partie de l’art du pilotage se joue dans la dimension verticale : comment l’appareil monte, descend, et gère sa trajectoire dans la troisième dimension.
Le taux de montée (Rate of Climb) et le taux de descente (Rate of Descent) décrivent la vitesse verticale de l’avion, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle il gagne ou perd de l’altitude.
Ces deux paramètres sont essentiels pour la performance, la sécurité et le confort en vol.

🔹🔹 Qu’est-ce que c’est ?
- Le taux de montée correspond à la vitesse à laquelle un avion gagne de l’altitude, généralement exprimée en pieds par minute (ft/min) ou en mètres par seconde (m/s).
- Le taux de descente, à l’inverse, indique la vitesse à laquelle l’avion redescend vers le sol.
Ces deux paramètres sont essentiels à la sécurité et à l’efficacité du vol, influençant aussi bien le décollage et l’atterrissage que les changements d’altitude en croisière.
🔹🔹 Comment ça fonctionne ?
Les pilotes contrôlent le taux de montée ou de descente en ajustant :
- La puissance moteur 🛠
- L’assiette (l’inclinaison du nez de l’avion vers le haut ou vers le bas)
- La configuration de l’avion (volets, train d’atterrissage, etc.)
L’indicateur de vitesse verticale (VSI – Vertical Speed Indicator) affiche en temps réel la vitesse de montée ou de descente, permettant aux pilotes d’assurer des transitions d’altitude progressives et confortables.
🛫 1. Le Taux de Montée (Rate of Climb)
Le taux de montée correspond à la vitesse à laquelle un avion s’élève.
Il dépend directement de la puissance excédentaire disponible — c’est-à-dire la différence entre la puissance fournie par les moteurs et la puissance nécessaire pour maintenir le vol horizontal.
📈 Types de montée :
- Montée à vitesse constante (Cruise Climb) : utilisée en vol normal pour optimiser consommation et refroidissement moteur.
- Montée à angle maximal (Vx) (pente max) : permet de franchir un obstacle le plus rapidement possible sur une courte distance.
- Montée à taux maximal (Vy) : permet d’atteindre la plus grande altitude en un minimum de temps.

🧮 Exemple :
Un ULM léger peut grimper à 800 ft/min, tandis qu’un avion de ligne monte entre 1 500 et 3 000 ft/min.
Un chasseur militaire ou un avion de voltige peut dépasser 10 000 ft/min !
🛬 2. Le Taux de Descente (Rate of Descent)
Le taux de descente correspond à la vitesse à laquelle l’avion perd de l’altitude.
Il est contrôlé en ajustant la puissance moteur, l’assiette, et parfois la traînée (volets, aérofreins, train sorti…).
🎯 Objectif :
Maintenir une descente stable, régulière et confortable, surtout pendant les approches et atterrissages.
Une descente trop rapide peut provoquer :
- Une approche non stabilisée (risque d’arrondi raté ou d’atterrissage dur)
- Un inconfort passager
- Une surcharge sur la cellule et le train d’atterrissage
Inversement, une descente trop lente peut :
- Allonger la trajectoire d’approche
- Engendrer une surchauffe moteur (si la puissance est trop réduite trop longtemps)
✈️ En pratique :
- Avion de ligne : 500 à 1 000 ft/min en approche finale
- Planeur : 100 à 200 ft/min en descente libre
- ULM : 400 à 600 ft/min pour un plan de descente stable
⚙️ 3. Les Facteurs qui Influencent le Taux de Montée et de Descente
- Puissance moteur disponible : plus de puissance = montée plus rapide.
- Poids de l’avion : un appareil plus lourd grimpe moins vite.
- Altitude et densité de l’air (densité-altitude) : l’air plus mince en altitude réduit la portance et la poussée.
- Conditions météo : les courants ascendants (thermiques) peuvent aider à monter, tandis que les descendances (downdrafts) ralentissent la montée.
- Configuration de l’appareil : volets, hélice, train d’atterrissage influencent la traînée et donc la performance verticale.
🧰 4. Les Instruments de Bord
Le VSI (Vertical Speed Indicator) ou variomètre indique le taux de montée ou de descente en temps réel, souvent en ft/min.
Certains appareils modernes affichent également la vitesse verticale cible calculée par le pilote automatique, notamment en IFR.
Le VSI aide le pilote à :
- Stabiliser une montée ou descente constante
- Gérer la transition entre niveaux de vol
- Ajuster le plan de descente en approche

🌤️ 5. Application en vol réel
- Décollage et montée initiale : Le pilote vise un taux de montée suffisant pour franchir les obstacles (Vx ou Vy).
- Croisière : Montée progressive jusqu’au niveau optimal de consommation.
- Approche : Descente douce et régulière, souvent sur un plan de 3°, équivalant à environ 700 ft/min à 140 kt.
🔹🔹 Points Clés à Retenir :
• Le taux de montée garantit une prise d’altitude sécurisée après le décollage.
• Le taux de descente permet une approche stable et maîtrisée à l’atterrissage.
• Une vitesse verticale adaptée évite les inconforts passagers et limite les contraintes structurelles sur l’appareil.
• Les pilotes s’appuient sur leurs instruments de bord et réglages moteurs pour maintenir les taux souhaités.
• Les facteurs influençant ces taux incluent : le poids de l’avion, la météo, et la puissance disponible.
🔹🔹 Le Saviez-Vous ?
Un avion de ligne typique grimpe à une vitesse d’environ 1 500 à 3 000 pieds par minute après le décollage.
Lors de l’approche, le taux de descente est souvent maintenu entre 500 et 1 000 pieds par minute, pour garantir un atterrissage en douceur.
En descente rapide (ex. pressurisation d’urgence), un avion de ligne peut atteindre 6 000 ft/min.
Les planeurs exploitent les courants ascendants thermiques pour grimper, parfois à plus de 2 000 ft/min, sans moteur !
🔹🔹 Fait Intéressant ✈️
Certains oiseaux migrateurs, comme les cigognes, utilisent le même principe : ils montent dans les ascendances, puis planent sur des kilomètres en descente douce.
🔹🔹 En résumé
👉 La gestion du taux de montée et de descente est un art de précision :
chaque ajustement, chaque variation, contribue à la sécurité, au confort et à l’efficacité du vol.
C’est une symbiose entre la puissance, la finesse de pilotage, et la lecture de l’atmosphère.
C’est la maîtrise de ce mouvement vertical qui fait la différence entre un vol simplement “réussi”… et un vol parfaitement maîtrisé.
La prochaine fois que vous prendrez l’avion, pensez à ce subtil équilibre vertical que les pilotes maintiennent à chaque instant !

