⚠️ Principaux dangers d’un virage engagé en ULM
Les dangers peuvent être regroupés en plusieurs catégories, principalement liées à la mécanique du vol et à la physique.

1. Le décrochage (Stall)
C’est, de loin, le danger le plus critique dans un virage engagé.
- Augmentation de la charge alaire :
Lorsqu’un ULM s’incline, la portance nécessaire pour maintenir l’altitude doit être augmentée. Plus l’inclinaison est forte, plus le facteur de charge augmente.- Exemple : À 60° d’inclinaison, le facteur de charge est de 2. Cela signifie que l’aile supporte le double de son poids habituel, et que la vitesse de décrochage est multipliée par environ 1.41.
- Augmentation de la vitesse de décrochage (Vs) : >
Comme l’aile est plus chargée, la vitesse minimale pour générer suffisamment de portance augmente considérablement. - Décrochage asymétrique :
En virage, l’aile intérieure vole plus lentement et est plus susceptible de décrocher en premier. Un décrochage d’une seule aile peut provoquer une autorotation immédiate (vrille) très difficile à rattraper à basse altitude.
2. Le facteur de charge (G-Load) et risque structurel
Limites structurelles :
Bien que les ULM soient conçus pour supporter certains facteurs de charge, un virage trop serré, combiné à des turbulences ou à une mauvaise manœuvre (traction brusque sur le manche), peut dépasser les limites structurelles de l’appareil (surtout s’il est de conception légère), entraînant potentiellement une défaillance de l’aile.
Effets physiologiques :
Des facteurs de charge élevés peuvent affecter le pilote (effet de « gris » ou de « noir »), bien que cela soit plus rare sur les ULM qui ont généralement des limites de charge structurelle plus basses.
3. La perte d’altitude et le risque sol
Dans un virage engagé, il est difficile de maintenir une altitude constante sans augmenter significativement l’incidence (l’angle d’attaque) et/ou la puissance moteur.
- Tendance à descendre :
Le pilote peut ne pas compenser correctement la perte de portance verticale et se retrouver dans un virage descendant non désiré. - Hauteur critique :
Si le virage engagé est effectué à basse altitude (par exemple, en base finale ou lors d’une remise de gaz), la perte d’altitude imprévue peut rapidement entraîner une collision avec le sol (CFIT – Controlled Flight Into Terrain), surtout si un décrochage survient.
4. La pression latérale sur la dérive et le lacet induit

Pied inadéquat :
Un virage engagé nécessite une coordination parfaite entre les ailerons (inclinaison) et la gouverne de direction (palonnier). L’absence ou la mauvaise utilisation du palonnier entraîne un virage non coordonné (glissade ou dérapage).
Lacet induit :
Si le virage n’est pas coordonné, l’ULM subit une traînée excessive qui crée un mouvement de lacet. Le nez de l’appareil ne pointe plus exactement dans la direction de la trajectoire, ce qui peut rendre le contrôle difficile et est un facteur aggravant du risque de décrochage.
🛠️ Précautions Essentielles
Pour minimiser ces dangers, le pilote d’ULM doit :
- Maintenir la vitesse :
Toujours maintenir une vitesse bien supérieure à la vitesse de décrochage en configuration de virage ($V_{s_{engagée}}$). - Être coordonné :
Utiliser correctement le palonnier pour maintenir la bille au centre de l’indicateur de virage (virage sans glissade ni dérapage). - Gérer la puissance :
Augmenter la puissance moteur à mesure que l’inclinaison augmente pour aider à maintenir la vitesse et/ou l’altitude. - Connaître les limites :
Ne jamais s’engager dans des virages trop serrés ou brusques à basse altitude.
En résumé, le danger principal est le décrochage à grande vitesse (par facteur de charge excessif), qui peut être asymétrique et conduire à une vrille très près du sol.

